
Je transforme l’acier en présence, libérée de toute chair.
Sculpteur contemporain, Roderick Owen développe une pratique centrée sur la transformation de l’acier en présence.
Son travail s’inscrit dans un rapport physique au métal, où chaque forme émerge d’un équilibre entre contrainte, précision et engagement du geste.
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L’acier impose sa résistance et son rythme, il ne cède rien sans lutte et oblige le geste à s’ajuster, à écouter, à s’inscrire dans une tension continue, où chaque contact devient un commencement.
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Dans cette tension maintenue, l’artiste accompagne lentement la transformation de la matière.
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Le métal conserve sa force, mais accepte progressivement une nouvelle architecture.
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Parmi toutes les formes possibles, l’escarpin s’impose comme la plus juste.
Il porte en lui le mouvement, l’équilibre et l’élévation, tout en concentrant la précision, la contrainte et l’élan qui traversent son travail.
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Accessoires de mode, les escarpins ne sont plus.
Des présences surgies du feu et du silence, détachées de toute identité humaine, libérées de toute chair.
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De là naît son geste : donner forme à des entités d’acier qui conservent éternellement leur allure, libérées de la chair, affranchies de tout porteur.
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Des talons d’acier qui rompent avec leur origine et affirment leur existence.
Des êtres de feu et d’acier, affranchis du vivant.
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Tel un couturier façonnant une étoffe rare, il sculpte le fer avec exigence et vision.
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Dans son atelier, il élève la matière pour créer des œuvres qui échappent au temps.
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Son univers se construit dans un dialogue entre feu et obscur, où chaque courbe révèle une transformation sans retour.
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Ce qui se révèle n’est pas une figure, mais une présence en devenir.
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Ses formes ne cherchent pas à se définir, mais à s’imposer.
Elles tiennent dans un équilibre fragile entre tension et maîtrise, entre apparition et disparition.
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Des sculptures intemporelles, libérées de la chair, souveraines d’un monde voué au métal et au feu.